Dans la vie courante, l’eau et le savon en priorité.Une solution hydro-alcoolique a pour but de désinfecter les mains grâce à ses propriétés bactéricides, fongicides, sans effet nettoyant. La solution doit s’appliquer sur des mains relativement propres et non souillées. Ces produits sont offerts sous forme de lotions, de gels, de tampons ou d'essuie-doigts.
Quand utiliser une solution hydro-alcoolique?
En sortant du métro, en arrivant au bureau ou dans son auto, lors d'activités de plein air, les gels désinfectants sont pratiques: ils peuvent s'emporter partout.
Comment utiliser une solution hydro-alcoolique ?
Comme une crème pour les mains. Verser une noisette de gel nettoyant dans le creux de la main, puis, pour qu'il soit efficace, le faire pénétrer pendant 30 secondes. NE PAS RINCER, laisser sécher à l’air libre sans essui-tout.
Re- utilisation du contenant: Il faut le laver à l'eau chaude et au savon et bien l'assécher avant de le remplir à nouveau.
Quelle solution hydro-alcoolique choisir?
Il faut privilégier ceux dont la concentration optimale en alcool est comprise entre 60% et 70%. et qui contiennent de la chlorhexidrine (produit désinfectant).Les émollients utilisés pour adoucir et protéger la peau sont en général à base de glycérine ou d'aloès, deux produits naturels dont les qualités hydratantes et adoucissantes sont connues depuis très longtemps. L'aloès aide à limiter les irritations de la peau grâce à ses propriétés régénératrices.
Limitation des solutions hydro-alcooliques (SHA)
Pour les spécialistes en santé publique, dans la vie courante, il faut privilégier l'eau et le savon au lieu des produits hydroalcooliques ou des savons désinfectants.
Inflammabilité
Il est déconseillé d’utiliser le gel en fumant en raison de la présence d'alcool dans leur composition. Le taux d'inflammabilité est toutefois faible.
Utilisation des solutions hydro-alcooliques en milieu de soins (SHA)
L’hygiène des mains est un élément-clef de la lutte contre les infections associées aux soins et la transmission d’agents pathogènes. Si la SHA est le produit maintenant recommandé, il doit toutefois être en permanence à portée de main du personnel soignant: pas à la porte des chambres, mais au lit de chaque patient ou encore mieux dans la poche de l'uniforme. C'est la pratique adoptée, en Suisse, dans les hôpitaux de Genève, associés au programme de l'Organisation Mondiale de la Santé pour la protection des patients comme dans la plupart des hôpitaux français. Le flacon de SHA doit être à usage unique en milieu hospitalier.
Depuis plus d’une dizaine d’années, les SHA semblent être mieux tolérées chez les soignants que le savon, antiseptiques ou non . Après un usage répété, un savon altère davantage le film protecteur qui recouvre l’épiderme par rapport à une SHA à base d’alcool. Des études cliniques comparatives suggèrent qu’en termes de tolérance cutanée, les SHA sont mieux supportés que les désinfectants à base de détergents.
La Société Française d’Hygiène Hospitalière (SFHH) recommande de ne plus utiliser les savons antiseptiques en établissement de soins, pour les gestes d’hygiène des mains. Les SHA- solutions hydro-alcooliques - permettent de répondre à quasiment toutes les situations de désinfection des mains. Le lavage des mains reste essentiel lorsque les mains sont souillées et lors de procédures de soins particulières.(Mars 2010-Argumentaire scientifique de la SFHH, France)
Hygiène des mains en cas de C.difficile
Petite précision concernant la transmission par les mains: il est vrai que les mains sont le principal vecteur de transmission et c'est pourquoi il est important de les laver avec de l'eau et du savon. Même si ce nettoyage ne permet pas de tuer les spores de C.diff, il permet d'en éliminer une grande partie par simple effet mécanique. Les gels antiseptiques à base d'alcool ne sont pas du tout efficace contre le C.diff, au contraire! En fait, on utilise même l'alcool pour isoler les spores d'un spécimen clinique (ex: fèces)! Donc ces gels peuvent éliminer plusieurs bactéries qui ne sporulent pas, mais pas le C.diff. C'est à considérer dans des environnements possiblement fortement contaminés.» - Louis-Charles Fortier, PhD
Professeur adjoint -Directeur - programme d'études supérieures en microbiologie -Université de Sherbrooke- Faculté de médecine et des sciences de la santé -Département de microbiologie et d'infectiologie